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L’OM System PEN à 999 €, ce qu’il garde et ce qu’il sacrifie

Plus léger que le PEN-F, mieux armé que l’E-P7, le nouveau PEN d’OM System fait des choix précis pour la rue et le voyage. Voici ses atouts et ses renoncements.

Raphaël Dumont Par Raphaël Dumont
7 min de lecture
L’OM System PEN à 999 €, ce qu’il garde et ce qu’il sacrifie
Gros plan sur la bague de réglage d'un objectif ancien, pour évoquer ce que l'OM System PEN garde de la tradition photographique et ce qu'il sacrifie.

En bref

  • Côté technique, il repart de ce qu’offre l’OM-5 Mark II.
  • Pour situer le PEN, Phototrend donne ces poids de référence :
  • L’annonce du boîtier a déjà fait l’objet d’un article sur ce site, consacré à le retour du viseur sur le PEN.

Pour la rue et le voyage, l’OM System PEN, vendu 999 € boîtier nu, ajoute ce qui manquait presque toujours à ses prédécesseurs : une visée électronique intégrée et une protection contre les éclaboussures. Côté technique, il repart de ce qu’offre l’OM-5 Mark II. En contrepartie, il met de côté des détails chers aux fidèles de la gamme, du flash escamotable au filetage pour déclencheur souple. Le test que Phototrend a publié le 9 octobre 2026 permet de peser ces arbitrages.

Une lignée qui renaît sous un nouveau nom

1199 €PEN-F de 2016, boîtier nu
799 €PEN E-P7, sans viseur, boîtier nu
999 €OM System PEN, boîtier nu

Tout commence en 1959 : Olympus propose alors un compact argentique demi-format, dessiné par Yoshihisa Maitani, que l’on emporte aussi simplement qu’un stylo. L’E-P1 de 2009 ouvre ensuite l’ère numérique, puisque c’est à la fois le premier PEN numérique et le premier hybride Micro 4/3 qu’ait vendu Olympus. Deux familles s’en détachent par la suite : les E-PL pour le grand public, les E-P pour une clientèle plus exigeante.

Le PEN-F de 2016 reste le sommet de la lignée. Le seul des PEN numériques à loger un viseur électronique, il offrait une molette créative en façade et un capteur de 20 Mpx, nouveauté à l’époque, pour 1199 € nu. Phototrend le voyait alors comme une version du E-M5 Mark II, de la gamme OM-D, débarrassée de son châssis, mais facturée plus cher. Cinq ans après lui, l’E-P7 a pris la route inverse : lancé par OM Digital Solutions, qui en faisait son premier produit, mais toujours sous bannière Olympus, il abandonnait le viseur et s’affichait à 799 € nu. Le nouveau venu se glisse entre ces deux tarifs, en retrouvant la visée électronique.

Un retour aux sources, sans rupture

À Berlin, lors de la présentation, Lars Huijzer, vice-président marketing et gestion produit pour la région EMEA chez OM System, a défini l’esprit de la série en deux mots : « Everyday adventure ». Il s’agit d’un appareil du quotidien, destiné à saisir les moments situés « entre les moments forts ». L’enjeu est d’amener vers la rue et le voyage une clientèle que les OM-1 et OM-5 ont surtout liée à l’animalier, le PEN épaulant l’OM-3 sur ce terrain.

Interrogé par Phototrend au Salon de la Photo 2025, Thierry Bourque, qui travaille chez OM Digital Solutions comme spécialiste produits et responsable des formations, expliquait que le PEN-F restait le boîtier Olympus le plus recherché, jusqu’à se revendre d’occasion au prix du neuf. Il jugeait l’absence de viseur problématique en Europe, alors qu’elle n’avait jamais dérangé le public japonais, et n’excluait pas qu’un successeur arrive un jour. Ce successeur existe, viseur compris.

Le contexte d’entreprise est lui aussi particulier. Au mois d’avril 2026, Shigemi Sugimoto, PDG d’OM Digital Solutions, et son équipe de direction ont repris l’ensemble des parts que détenait le fonds Japan Industrial Partners. Le PEN est le premier appareil dévoilé depuis ce rachat, qui redonne son indépendance à l’entreprise.

Gabarit, matériaux et protection

Le boîtier existe en noir et en argent. Phototrend relève 344 g sans batterie ni carte, 393 g une fois celles-ci installées, et trois dimensions de 125,8 mm, 74,5 mm et 43,3 mm. Ce poids contenu s’explique par un recours au plastique, pour la base comme pour le capot, alors que l’ossature interne demeure en alliage de magnésium. La finition ne donne pas l’impression d’un produit bon marché, selon le test, qui regrette seulement l’absence d’un coloris gris anthracite.

Le style emprunte au PEN-F et à l’E-P7, avec une parenté plus marquée du côté du second. Le viseur décalé vers la gauche accentue l’allure de télémétrique, tandis que la façade en similicuir et un capot plus épais côté droit rappellent le Fujifilm X-Pro3. Pour situer le PEN, Phototrend donne ces poids de référence :

Bande de pellicule photographique translucide enroulée, avec ses perforations bien visibles, sur un fond turquoise flou.
Un morceau de pellicule photographique évoque la lignée argentique que prolonge l’OM System PEN, un boîtier qui garde l’essentiel et sacrifie quelques détails. Photo : Kitos_LAB / Pixabay
Boîtier Poids relevé par Phototrend
PEN-F 427 g
OM System PEN 344 g nu, 393 g avec batterie et carte
PEN E-P7 337 g avec batterie
OM-5 Mark II 418 g

Au total, le PEN se range entre le PEN-F et l’E-P7, auquel il ajoute un viseur. C’est aussi une première pour la lignée : le boîtier résiste à la poussière et aux projections d’eau, avec une certification IPX1. L’indice reste très loin de l’IP53 qu’affichent l’OM-3 et l’OM-5 Mark II. L’appareil est annoncé utilisable jusqu’à -10 °C, ce que Phototrend juge suffisant pour l’usage quotidien visé.

Prise en main, viseur et commandes

À l’usage, Phototrend parle d’un boîtier « plaisir », agréable à regarder comme à utiliser. Le grip avant est discret, mais le repose-pouce arrière procure une bonne tenue d’une seule main avec les focales fixes de 17 mm et de 25 mm, ouvertes à f/1,8 dans leur version II. Sur une longue focale, par exemple un 40-150 mm PRO ouvert à f/2,8 ou un 100-400 mm, c’est l’objectif qui se tient en main : le boîtier devient presque accessoire.

Le viseur OLED reprend la dalle de l’OM-3, soit 2,36 Mpts, mais il est excentré vers la gauche et coiffé d’un œilleton plus compact. Son dégagement oculaire atteint 20,5 mm, et son grossissement oscille entre 1,10x et 1,23x suivant le mode d’affichage retenu. Cette définition est celle du PEN-F de 2016 ; sur l’OM-3, Phototrend le jugeait déjà ni très défini ni particulièrement confortable sur l’OM-3. Il reste confortable à l’usage, et sa position excentrée laisse l’œil gauche libre d’observer la scène tandis que l’autre vise, un atout pour deviner l’action dans la rue.

Même emprunt pour l’écran : une dalle de 3 pouces, tactile, à 1,04 Mpts. Orientable dans tous les sens grâce à sa rotule, il succède au simple écran inclinable de l’E-P7 : on vise plus facilement au ras du sol, bras tendu ou en vidéo verticale.

Au dos, aucun joystick : le collimateur se déplace au pavé directionnel ou au doigt, et le pavé tactile AF permet de le guider tout en visant. Phototrend y voit un choix en accord avec le prix et la taille du boîtier, mais prévient que les habitués de l’OM-1 le regretteront ; l’OM-3, affiché à un prix double, ne l’offre pas non plus.

Sur le dessus, un nouvel interrupteur fait office de sélecteur entre photo, vidéo et ralentis ou accélérés. Son passage de la position éteinte à la position photo est un peu dur, ce qui évite un allumage involontaire dans le sac. La roue PASM réunit Bulb, C1, C2, Art, SCN et Auto. En façade, un levier appelle les profils créatifs Color et Mono, solution un peu moins pratique que les positions distinctes de l’OM-3, héritées du PEN-F. Les menus sont ceux qu’a inaugurés l’OM-1, en grandes sections colorées, et les modes C1 et C2 acceptent un nom d’au plus douze caractères, de quoi distinguer un réglage de rue d’un réglage de nuit. Le boîtier s’allume vite, à condition d’avoir sorti le zoom rétractable, et la navigation dans les images reste fluide.

Ce que le PEN laisse de côté

  • Pas de flash rétractable comme sur l’E-P7 : seule demeure la griffe porte-accessoire.
  • Le filetage pour déclencheur souple qu’offrait le PEN-F a disparu.
  • Aucun joystick, comme sur l’OM-3.
  • Une résistance IPX1, inférieure à celle de l’OM-3 et de l’OM-5 Mark II.
  • Un lecteur de carte SD cantonné à la norme UHS-I, même si son emplacement sur le flanc, hors de la trappe de batterie, simplifie le travail sur trépied.

Phototrend a d’abord manipulé l’appareil à Berlin, quelques jours avant l’annonce, puis l’a employé plusieurs semaines à Paris avec quatre optiques : le nouveau zoom de kit 14-42 mm III, qui ouvre de f/3,5 à f/5,6, les deux focales fixes de 17 mm et de 25 mm, et un 40-150 mm PRO ouvert à f/4. Le magazine y voit le retour réussi d’une icône du Micro 4/3, et son sommaire annonce aussi des chapitres sur le bouton CP, la stabilisation, l’autofocus à détection de phase, la vidéo en 4K 30p, la connectivité et l’autonomie. Qui compte sur un flash intégré ou sur un déclencheur mécanique vissé devra en revanche s’équiper à part. L’annonce du boîtier a déjà fait l’objet d’un article sur ce site, consacré à le retour du viseur sur le PEN.

Photo : ClickerHappy / Pixabay

Raphaël Dumont

Apprendre, culture, image et tests

Raphaël Dumont

Raphaël Dumont a été vendeur puis responsable du rayon photo d'un grand magasin parisien, à l'époque où l'on venait encore y faire tirer ses pellicules. Il couvre la culture photographique, les expositions et les tests de boîtiers et d'objectifs, en publiant toujours ses images d'essai non retouchées. Il photographie depuis vingt ans la même rue de Belleville.