Le Salon Photo & Vidéo officialise la vidéo, déjà présente depuis 2023

Marianne Chandernagor, directrice du salon chez Comexposium, explique comment la vidéo a changé l’offre des exposants et ce que prévoit l’édition suivante.

Nour El Amrani Par Nour El Amrani
3 min de lecture
Le Salon Photo & Vidéo officialise la vidéo, déjà présente depuis 2023
La vidéo s’invite dans les usages de la photo : un appareil numérique sur trépied dont l’écran montre une scène filmée en intérieur. Image d’illustration pour le Salon.

En bref

  • Première édition sous le nom Salon Photo & Vidéo, à la Grande Halle de la Villette, du 8 au 11 octobre 2026.
  • Environ 10 % d’exposants en plus, et autant de surface supplémentaire.
  • DJI, Blackmagic Design et Nanlite figurent parmi les marques vidéo présentes.
  • Les 20 ans du salon sont prévus en 2027.

Le Salon Photo & Vidéo a choisi d’inscrire la vidéo dans son nom parce qu’elle y avait déjà sa place, et non pour changer de cap. Dans un entretien publié par Phototrend, la directrice du salon chez Comexposium, Marianne Chandernagor, résume la décision : « C’est la première année, et pour nous, c’est une évolution, pas une révolution. »

Un nom qui officialise une pratique déjà là

Dès 2023, la vidéo entrait dans la manifestation par la signature « photographier, filmer, créer », alors que l’événement restait le Salon de la Photo. Selon la directrice, des appareils hybrides étaient déjà exposés et les enquêtes auprès des visiteurs montraient que la pratique vidéo était bien présente. Le nouveau nom affiche donc officiellement ce virage.

Pour expliquer l’intérêt des marques, elle avance un argument de génération : « Et la vidéo, c’est aujourd’hui le langage des jeunes, des tout jeunes même, davantage que l’image fixe. » Elle relie cette évolution au public qui, selon elle, rajeunit depuis l’installation du salon à la Grande Halle de la Villette.

Le cœur de cible reste le photographe amateur ou professionnel et le créateur de contenu. S’y ajoutent des agences créatives, des studios et des sociétés de production, dont la directrice veut mieux comprendre les besoins. Elle regrette en revanche qu’aucune exposition vidéo n’ait été montée cette année : elle se dit un peu frustrée et veut être présente sur l’offre culturelle consacrée à la vidéo.

Appareils photo argentiques anciens, dont un Fujica MA-1, alignés sur une étagère métallique blanche usée dans un stand d’objets d’occasion.
La vidéo s’invite dans le nom du Salon, mais la photo reste à l’argentique : des appareils anciens alignés sur une étagère, avec un compact Fujica MA-1 au premier plan. Photo : Eka Nugraha / Pexels

Des exposants plus nombreux, des accessoires à l’argentique

+ 10 %d’exposants et de surface en plus cette année, selon la directrice

L’offre s’est construite par étapes depuis 2023, comme le montre ce repérage.

Période Ce qui a changé
2023 Les accessoiristes manquaient, le matériel de prise de vue étant déjà bien représenté
2024 et 2025 Années des accessoiristes ; retour de l’argentique avec le village argentique, la brocante du dimanche et la sortie du Pentax 17
2026 Retour de DJI comme fabricant, Insta360 sur le stand de Digit-Access, retour de Blackmagic Design et Nanlite

Le village argentique est devenu The Analog Chronicles. La brocante argentique du dimanche a été lancée en 2024 avec la Foire internationale de la photo de Bièvres. Pour DJI, un distributeur était là l’an dernier, mais c’est cette fois le fabricant. La directrice prévoit que l’offre argentique s’élargira l’an prochain, avec des laboratoires et des fabricants de films.

Ce que proposait l’édition 2026

Marianne Chandernagor décrit un événement hybride, où l’on vient aussi pour rencontrer d’autres visiteurs et des ambassadeurs. Le programme comprenait :

  • des masterclass et des conférences d’ambassadeurs sur les stands ;
  • les Grandes Rencontres, à l’auditorium Boris Vian, entre grands photographes et public, avec beaucoup de photojournalisme ;
  • 12 expositions, dont la Grande Exposition, panorama du matériel sur deux siècles bâti avec le musée Nicéphore Niépce ;
  • un espace de restauration sous le péristyle.

Pour la partie récente de la Grande Exposition, les marques exposantes ont prêté trois ou quatre appareils iconiques, plutôt un par décennie, présentés en fin de parcours chacun avec une photo. Autour d’elle, le Studio Collodion et la Malle des bicentenaires, idée de l’association HiP, capsule temporelle qui fige l’œuvre de 2026 et doit être rouverte au musée dans 13 ans.

Quant au salon lui-même, la directrice le décrit ainsi : « Je pense que c’est devenu le moment incontournable de la communauté dans l’année. » Les 20 ans de la manifestation sont prévus en 2027.

Photo : Gustavo Fring / Pexels