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Canon EOS R8 Mark II : une stabilisation enfin à bord, sans double slot SD

Stabilisation du capteur, rafale à 40 i/s et 4K 60p sans recadrage : le petit hybride Canon corrige son aîné, mais garde une batterie modeste et un seul slot SD.

Raphaël Dumont Par Raphaël Dumont
6 min de lecture
Canon EOS R8 Mark II : une stabilisation enfin à bord, sans double slot SD
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Pour qui voyage léger et filme de temps à autre, le Canon EOS R8 Mark II répond à l’essentiel : un capteur plein format enfin stabilisé, de la 4K à 60 images par seconde et un boîtier de 546 g prêt à partir. Les réserves tiennent à l’endurance de la batterie, à une visée étriquée et à un unique logement pour carte, qui comptent surtout pour les longues journées ou les reportages où une sauvegarde double rassure.

En bref

  • Le premier argument se lit sur la balance.
  • Pour partager ses images sans retouche, Canon ajoute deux rendus de type pellicule, Negative Filmtone et Positive Filmtone.
  • Le Nikon offre un viseur de 3,69 Mpts, deux logements pour carte et une meilleure autonomie au viseur, ce qui le rend « extrêmement compétitif » aux yeux de TechRadar.

Un boîtier léger qui se glisse dans le sac

546 gavec batterie et carte, 499 g nu
340 vuesautonomie CIPA à l’écran, 220 au viseur
40 i/srafale maximale en obturateur électronique

Le premier argument se lit sur la balance. Avec ses 131,4 x 90,0 x 79,7 mm, le boîtier reste compact, et il se range sans effort dans un sac de ville. Son dessin change pourtant : les courbes habituelles de Canon laissent place à des lignes anguleuses, inspirées en partie de reflex anciens de la marque comme le T80 et l’EOS 650, selon Les Numériques. Ce nouveau look ne bouscule pas les habitudes : Jacky Carré, chef de gamme Produits Photo chez Canon France, explique qu’il fallait « conserver la prise en main et l’ergonomie connues des autres appareils Canon ».

Deux ajouts changent le quotidien. Le joystick revient, ce qui accélère la navigation dans les menus, et la carte SD UHS-II, toujours unique, se glisse désormais dans une trappe latérale plutôt que dans le compartiment de la batterie, un détail qui évite de démonter l’appareil de son trépied pour la changer. La visée, elle, ne progresse pas : une dalle de 0,39 pouce et 2,36 millions de points, grossie 0,7x, que CNET juge un peu étriquée, malgré sa fluidité. L’écran arrière, orientable, mesure 3 pouces pour 1,62 million de points.

Sur la robustesse, TechRadar note l’absence de certification officielle contre les intempéries et une finition des boutons plus proche de l’entrée de gamme. L’autonomie reste le point faible : la petite batterie LP-E17 du premier R8 revient, avec 340 vues à l’écran et 220 au viseur selon la norme CIPA, plutôt sévère, ce qui laisse espérer davantage en pratique. La recharge par USB-C permet au moins de la compléter en déplacement.

Ce que la stabilisation change en photo

Le capteur plein format de 24,2 Mpx et le processeur DIGIC X sont partagés avec l’EOS R8 et l’EOS R6 Mark II, avec une plage de 100 à 102 400 ISO. Autrement dit, la qualité d’image devrait rester très proche de celle du modèle précédent, déjà jugée très bonne. La nouveauté tient à ce qui l’entoure : le capteur se déplace désormais pour compenser le bougé, avec un gain annoncé de 7,5 IL au centre et de 7 IL en périphérie selon la norme CIPA, mesuré avec un 24-105 mm F2.8 à 105 mm. Cette stabilisation, grande absente du premier R8, travaille de concert avec celle des objectifs. Elle n’est pas la plus efficace du catalogue Canon, précise Les Numériques, mais elle autorise des vitesses d’obturation plus lentes, utiles de nuit ou en intérieur.

Pour partager ses images sans retouche, Canon ajoute deux rendus de type pellicule, Negative Filmtone et Positive Filmtone. Ils ne s’appliquent qu’aux fichiers JPEG, sans possibilité de photographier en RAW en parallèle, ce que Les Numériques regrette.

Autofocus et rafale pour les sujets en mouvement

L’autofocus Dual Pixel CMOS AF II reconnaît les personnes, les animaux et les véhicules, et une fonction de priorité aux personnes enregistrées mémorise jusqu’à 10 visages dans l’appareil, 100 sur la carte. TechRadar relève une sensibilité de -7,5 IL en faible lumière, meilleure qu’avant mais en retrait de celle du Nikon Z5 II.

Appareil photo monté sur un stabilisateur noir filmant un homme flou en chemise à carreaux, devant une plante verte.
Photo d’illustration. Un appareil photo sur stabilisateur filme un homme assis dans une pièce lumineuse, avec une plante verte en arrière-plan. Source : Pexels. Photographe : Expect Best. Licence Pexels.
Critère EOS R8 Mark II Nikon Z5 II
Sensibilité de l’autofocus -7,5 IL -10 IL
Rafale maximale 40 im./s 30 im./s
Autonomie CIPA à l’écran 340 vues 350 vues
Autonomie CIPA au viseur 220 vues 340 vues

La cadence de 40 i/s retombe à 6 i/s avec le premier rideau électronique. Le pré-déclenchement conserve jusqu’à 20 images, soit environ une demi-seconde avant l’appui complet. La mémoire tampon passe de 56 à 73 images en RAW, soit presque 2 secondes de rafale, et grimpe à 190 en JPEG. TechRadar tempère toutefois : aucun des deux boîtiers n’est un véritable appareil de sport, car les cadences chutent vite une fois la mémoire pleine.

Les capacités vidéo en pratique

  • 4K UHD jusqu’à 60 images par seconde, issue d’un suréchantillonnage de la 6K, sans le recadrage de 1,5x que le Nikon applique à cette cadence.
  • Full HD jusqu’à 180 images par seconde pour les ralentis, contre 120 pour le Nikon.
  • Canon Log 3 et HLG disponibles pour étalonner, avec un enregistrement 10 bits en 4K à 30 images par seconde sur toute la largeur du capteur.
  • Fonction webcam (UVC/UAC) jusqu’en 4K 60p par USB, avec une sortie HDMI propre pour le streaming.
  • Enregistrement continu possible jusqu’à 6 heures aux cadences standard.

Le Nikon garde un avantage pour les vidéastes exigeants : il est le seul des deux à enregistrer du RAW 12 bits en interne. Côté réseau, le Wi-Fi 6 et le Bluetooth 5.3 remplacent les normes très anciennes du premier modèle, ce qui accélère les transferts et améliore le pilotage à distance.

Prix et concurrence au moment de choisir

Le boîtier nu est annoncé à 1 799,99 €. La version en kit, livrée avec le RF 24-105 mm F4-7.1 IS STM, monte à 2 199,99 €, et les premières expéditions sont prévues le 20 octobre 2026. Les Numériques souligne que Canon a recyclé ses composants sans faire grimper la facture, le tarif étant le même que celui du premier R8 à son lancement. Reste à le situer face aux deux rivaux les plus cités.

Modèle Capteur Rafale Cartes
Canon EOS R8 Mark II 24,2 Mpx 40 im./s 1 SD
Nikon Z5 II environ 24 Mpx 30 im./s avec pré-capture 2 SD
Sony Alpha 7 IV 33 Mpx 10 im./s 2 SD

Le Nikon Z5 II, sorti environ un an et demi avant le Canon, est affiché à 1 789 € par Nikon France, soit seulement 10,99 € de moins que le Canon en boîtier nu : l’avantage tarifaire est donc mince. Le Sony Alpha 7 IV, qui date de 2021, se négocie autour de 1 600 € selon CNET, avec un capteur plus défini et un double logement SD, mais une rafale quatre fois plus lente et un poids d’environ 658 g contre 499 g pour le Canon nu.

Le Canon l’emporte sur la légèreté, la cadence et la stabilisation désormais intégrée, trois atouts pour le voyage et l’action.

Le Nikon offre un viseur de 3,69 Mpts, deux logements pour carte et une meilleure autonomie au viseur, ce qui le rend « extrêmement compétitif » aux yeux de TechRadar.

Au bout du compte, le choix dépend de l’usage : pour marcher longtemps avec peu de poids et filmer en 4K fluide, le Canon séduit ; pour des journées de reportage où chaque fichier compte, le logement unique et la batterie compacte invitent à regarder ailleurs.

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Nikola Jovanovic. Licence : CC0.